Vendanges 2026 en Lavaux : un millésime solaire, porté par des vignes vivantes

Les vendanges 2026 resteront longtemps dans les mémoires. En Lavaux comme dans l’ensemble du vignoble vaudois, l’été a été historiquement chaud et sec. Le cycle de la vigne s’est accéléré, la maturité est arrivée tôt et les sécateurs sont entrés en action avec deux semaines d’avance. Sur les coteaux de Saint-Saphorin et du Dézaley, chaque décision a compté : observer les parcelles, suivre l’évolution des baies et choisir le moment juste pour préserver à la fois la maturité, les arômes et la fraîcheur.

Un été historique, des raisins concentrés

La chaleur persistante et le manque de pluie ont mis les vignes à rude épreuve. Les baies sont restées plus petites, avec parfois moins de jus, mais elles ont gagné en concentration. La faible humidité a aussi limité la pression des maladies, si bien que les grappes sont arrivées à la cave dans un état sanitaire remarquable. Les blancs affichent de belles maturités, tandis que les rouges laissent entrevoir de la profondeur et du caractère. Ce millésime généreux en soleil demandait toutefois de la précision : dans une année aussi rapide, il fallait vendanger sans attendre pour conserver l’équilibre naturel du fruit.

L’agroécologie comme alliée face aux extrêmes

Aux Dryades, cette récolte confirme une conviction simple : un sol vivant aide la vigne à mieux traverser les extrêmes. Les apports de matière organique, les couverts végétaux, la diversité des plantes, les haies et les arbres favorisent la fertilité, structurent le sol et soutiennent sa capacité à retenir l’eau. Les racines explorent un milieu plus riche, la vie souterraine travaille et l’écosystème gagne progressivement en résilience. Dans les semaines les plus brûlantes, cette approche ne supprime pas le stress climatique, mais elle donne à la vigne davantage de ressources pour y répondre.

Notre viticulture ne cherche pas à contrôler chaque élément du vivant : elle vise à créer les conditions d’un équilibre. Les fruitiers et les essences forestières apportent ombre et biomasse, les plantes entre les rangs protègent le sol, et la biodiversité participe au bon fonctionnement de l’ensemble. En 2026, cette mosaïque végétale a montré tout son sens. Malgré la chaleur et la sécheresse, nous avons récolté de beaux raisins, sains, mûrs et expressifs.

Un millésime de résilience et de promesses

Le millésime 2026 racontera donc une année de contrastes : un climat exigeant, une récolte précoce et des raisins d’une grande intensité. En cave, notre travail consiste désormais à accompagner cette matière avec délicatesse, pour révéler le terroir sans masquer son énergie. Il est encore trop tôt pour tout dévoiler, mais une chose est certaine : ces vendanges nous confortent dans la voie choisie. Prendre soin du sol, remettre de la diversité dans les vignes et travailler avec la nature, c’est préparer dès aujourd’hui les vins de demain.

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